Santé

Rapatrier en toute sérénité
Souscrite les yeux fermées par les voyageurs, l'assistance rapatriement demeure méconnue. Interview du Dr Olivier Cha, directeur médical chez Mondial assistance France.


olivierchapourBlog.jpgSi on est malade ou victime d'un accident à l'étranger, comment peut-on demander un rapatriement ?
Par un simple appel. Mais avant de téléphoner à une compagnie d’assistance, il faut s'orienter vers une structure de soin locale. C'est seulement après avoir été pris en charge par un médecin que le patient ou un proche téléphone à Mondial assistance. On va lui demander son identité, son numéro de contrat, quand il devait rentrer et comment ; et surtout quelles sont les coordonnées du médecin qui l'a soigné, dans quel service hospitalier il se trouve. La demande est transmise à un médecin régulateur.
C'est quoi un médecin régulateur ?
C'est le médecin à qui on soumet la demande et qui va éclaircir le cas. Il est basé au centre opérationnel de Mondial assistance, à Paris. C'est lui qui va contacter son confrère étranger, se faire décrire ce qui est arrivé et expliquer qu'un rapatriement en France a été demandé. Ensemble, ils jugent si l'état du patient est compatible avec le retour. Le médecin régulateur fait alors une prescription et c'est un chargé d'assistance qui met en oeuvre le rapatriement. Il s'occupe des billets, des ambulances, de la chaise roulante... Il peut se rapprocher des filiales étrangères de Mondial assistance pour cela.
Dans quels cas peut-on être rapatrié ?
Prenons un exemple. Imaginez que vous avez été victime d'une fracture du tibia-péronné aux Etats-Unis. Vous avez été opéré et vous deviez rentrer le 12 juillet. Mais vos vacances sont gâchées car même en cas de sortie, vous ne pourrez pas bouger de l'hôtel. En plus, vous aurez peut-être besoin de traitements quotidiens. On va donc vous rapatrier, soit vers un hôpital en France, soit chez vous. Autre exemple : vous vous êtes fracturé le poignet. Vous étiez le seul à avoir le permis pour le circuit programmé et vous ne pouvez plus conduire. On vous rapatrie aussi. C'est en fonction de la gravité de votre état de santé que vous êtes accompagné ou non par un infirmier, un médecin ou toute une équipe médicale.
Et dans quels cas le rapatriement est impossible ?
Pour les accidents lourds. Vous êtes polytraumatisé par exemple. Le médecin régulateur et le médecin étranger vous déclarent intransportable. Si vous êtes aux Etats-Unis, nous allons juger qu’il est plus dangereux pour vous d’être rapatrié que de rester là-bas. On va donc attendre que votre état soit plus stable pour que vous puissiez être rapatrié sans vous faire courir de risques. En revanche, si vous êtes dans une région sous médicalisée et que l’équipe médicale sur place ne dispose pas des moyens pour vous soigner correctement, le médecin régulateur jugera que le transport sanitaire, même s'il est risqué, sera plus bénéfique en terme de pronostic. Dans ces cas-là, on passe souvent par l'utilisation des structures locales et régionales et on vous transfère, par exemple, du Mali au Sénégal.

En savoir plus :
Quel coût pour un rapatriement ?

Il est difficile de donner une moyenne du coût des rapatriements. L'urgence à rapatrier peut engendrer un surcoût suite à des conditions particulières de voyage. Idem pour le pays depuis lequel on doit procéder au retour du malade : l'éloignement conditionne le prix ainsi que l'importance de la desserte vers Paris. On peut estimer qu'un rapatriement peut coûter entre 1 400 € pour un vol régulier en Europe et plusieurs dizaines de milliers pour l'affrètement d'un vol sanitaire spécial.



Que faire en cas de problème de santé pendant vos vacances à l'étranger ?

Vous partez en dehors de l'Hexagone pendant les vacances? Voici les procédures à suivre pour être couverts en cas de maladie ou d'accident.



Dans l'Union européenne, en Islande, au Liechtenstein et en Norvège

 

Demandez la carte européenne d'assurance maladie (CEAM) : c'est la première formalité à accomplir avant votre départ. Demandez-là à votre Caisse primaire d'assurance maladie. La CEAM existe depuis 2004, est valable un an et vous permet d'être couvert en cas de nécessité. Deux semaines sont nécessaires à son élaboration. Si vous êtes pressé vous devrez vous contenter du formulaire papier délivré dans en général de suite si vous allez à votre CPAM, ou sous 48 heures, si vous en faites la demande par téléphone ou internet. Il est valable trois mois. La CEAM doit être présentée aux professionnels de la santé si vos soins sont nécessaires et urgents.

Consulter le généraliste : en cas de gastro, par exemple, montrez votre CEAM au généraliste. Vous payez la consultation, comme en France et il vous délivrera l'équivalent d'une feuille de soins. Celle-ci vous permettra d'être remboursé. La procédure est la même si vous allez chez le dentiste suite à une rage de dent par exemple et à la pharmacie où on vous délivra les médicaments.

Aller à l'hôpital : si vous avez un accident, que vous êtes pris en charge par les pompiers, une ambulance et amené jusqu'à l'hôpital, la CEAM vous permettra de bénéficier du tiers payant. Dans ce cas-là, vous n'avez rien à débourser, hormis la télévision, le téléphone... et parfois les forfaits de chambre individuelle. Attention, certains hôpitaux peuvent vous demander quand même d'acquitter les frais de prise en charge. Dans ce cas, gardez bien toutes las factures acquittées pour vous faire rembourser.

Se rendre à la Sécu étrangère : muni de l'équivalent de vos feuilles de soins et de vos factures, vous devez vous rendre dans une des agences de Sécu du pays européen où vous séjournez si vous avez avancé des frais médicaux. C'est elle qui vous remboursera. Si vous ne pouvez aller sur place , vous devrez envoyez vos factures acquittées à votre CPAM. C'est elle qui vous remboursera à hauteur de la prise en charge française, et avec pour maximum, le montant des frais engagés.

En dehors de l'Union européenne

Une seule règle : conserver toutes les factures acquittées et se faire rembourser par votre CPAM à hauteur de la prise en charge française. Dans ces conditions, il vaut mieux tomber malade en Côte d'Ivoire qu'au Etats-Unis où une simple consultation peut vous coûter jusqu'à 100 € et ne sera remboursée que 14 €.

De manière générale

Pas de rapatriement : la CPAM ne prendra jamais en charge un rapatriement sanitaire. Renseignez-vous sur les assistances de voyage internationales qui proposent une prise en charge complémentaire et des rapatriements sanitaires. Lisez-bien les modalités du contrat et ayez bien en tête qu'un rapatriement n'est effectué que si votre état de santé l'impose et non par convenance personnelle. Dans ce cas, les frais seront toujours à votre charge.

Les conseils : quoiqu'il arrive, gardez bien vos factures acquittées et renseignez-vous au préalable sur les conditions sanitaires du pays où vous séjournerez. Pour les pays où les soins à la personne sont exorbitants comme pour les Etats-unis, souscrivez une assurance complémentaire, voire un contrat de rapatriement et d'assistance. Si vous avez payé votre voyage avec une carte bancaire, vérifiez les assistances prévues dans le contrat lié à cette carte .

 

 

Être hospitalisé à la maison

Vous êtes malade et vous ne souhaitez pas aller à l'hôpital ou vous en avez assez des séjours prolongés dans les établissements, l'HAD peut s'occuper de vous, chez vous.


L'hospitalisation à domicile (HAD) est une structure de soins alternative. Elle permet d'assurer chez les patients la plupart des soins médicaux et paramédicaux, de la naissance à la mort. Le but est d'éviter une hospitalisation ou plus souvent de raccourcir un séjour dans un établissement. Des structures publiques ou privées à but non lucratif sous convention avec l'Etat s'occupent de la coordination des traitements à domicile des patients. Le plus souvent, elles existent dans les agglomérations, mais petit à petit elles étendent leurs compétences aux campagnes (sauf dans l'Indre où il n'y en a pas). L'Indre-et-Loire par exemple sera couverte en entier à partir de mai avec l'affiliation d'Amboise à l'association HAD 37.

Comment ça fonctionne ? Les patients sont envoyés à l'HAD sur prescription médicale uniquement. Là, c'est une commission d'admission qui statue sur la prise en charge du malade. Il faut que le domicile soit suffisamment équipé pour recevoir le matériel indispensable au traitement du patient : logement décent, avec électricité et liaison téléphonique, environnement adéquat. S'il y a un manquement, l'équipe des HAD peut tenter de trouver une solution (courant à rétablir après une coupure pour défaut de paiement par exemple). Les soignants sont nombreux : infirmiers, assistantes sociales, kinés, médecins coordonnateurs auxquels s'ajoutent parfois des partenaires libéraux comme le pharmacien qui fournit le matériel demandé.

Les avantages : ils sont nombreux surtout pour le confort du malade et de sa famille présente au quotidien. Au domicile du malade tout est fait pour que les soignants soient en contact permanent. Un ordinateur portable est installé au domicile du patient et tous les soins y sont indiqués, ainsi que les résultats des analyses... Et puis, il y a aussi des médecins de permanence la nuit en cas de souci. Quant au coût, « l'hospitalisation a domicile est trois fois moins cher qu'une hospitalisation classique », livre-ton à l'HAD37.

A ne pas confondre ! L'HAD est une prise en charge d'une pathologie complexe qui nécessite des soins coordonnés. La prise en charge par la Sécu est totale, à l'identique d'une hospitalisation classique. Parallèlement aux HAD, il existe aussi des structures de maintien à domicile, bien souvent privées, qui gèrent des soins « simples » ne faisant intervenir qu'un seul type de soignant, une infirmière ou un kiné par exemple. Même si dans les deux cas, on voit l'intérêt d'un retour ou d'un maintien à domicile, il convient quand même de se rapprocher de sa mutuelle avant d'accepter les soins car certaines d'entre-elles peuvent refuser de les prendre en charge.

Liste des HAD sur le site de la fédération : link

 

Vacances à l'étranger : une facture santé salée


Voyager en dehors de la zone couverte par la carte européenne d'assurance maladie (*) peut coûter très cher en cas de problème de santé. Comment faire pour éviter d'en arriver là ?


Une fois l'assuré social français à l'extérieur du territoire européen, il perd ses droits. Néanmoins, en cas de maladie inopinée ou d'accident, il peut se faire rembourser une partie des frais payés.
Un remboursement à la française. Quand vous êtes malade à l'étranger, conservez toutes les preuves justifiant les dépenses engagées : prescription du docteur, facture de l'hôpital, vignettes... Parfois comme aux Etats-Unis, les médecins envoient un mail à la pharmacie voisine et ne vous donnent aucun papier, n'oubliez pas d'en réclamer une copie. Sans preuves, la Sécu ne vous remboursera rien. Pour récupérer une partie de vos deniers, rendez-vous au retour dans votre CPAM. Grâce aux justificatifs et aux diagnostics établis, un dossier sera constitué. Vous serez  « indemnisé » à la française, c'est-à-dire que vous toucherez la part Sécu habituelle pour une consultation ou une hospitalisation en France : 14,40 € pour une visite chez le généraliste par exemple, sauf si le prix est est inférieur. Là, vous aurez la somme exactement payée.
Des prix qui peuvent flamber. Si vous vous rendez en Afrique du Nord, pas besoin de s'affoler. Les prix pratiqués par les médecins sont inférieurs à ceux de l'Hexagone. En revanche, c'est tout l'inverse pour les Etats-Unis et le Canada. Les frais d'hospitalisation sont d'environ 2300-2400 € par jour, et même parfois plus aux Etats-Unis. Là-bas, vous pouvez même tenter de négocier le prix de votre séjour d'hospitalisation. Les consultations de généralistes sont assez aléatoires : comptez entre 50 et 100 € au moins.
Quelles solutions de repli ? Vous pouvez toujours aller dans une pharmacie en cas de petite maladie pour acheter un antinauséeux en cas de gastro par exemple. Autre possibilité : emporter une petite trousse à pharmacie avec vous. Mais attention les contrôles de douanes sont stricts et vous pouvez vous faire confisquer les médicaments.
Prendre une garantie complémentaire. C'est la solution la plus efficace. L'assureur ou l'assisteur vous proposeront des contrats pour couvrir les soins médicaux et le rapatriement. Avant de vous engager, vérifiez bien les termes du contrat. Il faut que toutes les personnes soient couvertes et que le plafond de garantie des soins soit relativement important. En règle générale, le plafond se situe entre 50 000 et 70 000 € mais peut aller bien au-delà. Vérifiez aussi les clauses d'exclusion : la plus classique concerne « les affections pré-existantes », c'est-à-dire celles qui existaient déjà avant le départ. Chez Mondial assistance, la « Solution assistance » coûtera 226 € pour une famille avec deux adultes et un, deux ou trois enfants, pour un séjour aux Etats-Unis, du 2 au 16 août. Cela peut paraître assez cher, mais ça ne constitue qu'une partie minime du prix du séjour et le plafond de remboursement est à 150 000 €. De quoi partir l'esprit tranquille...

En savoir plus :

(*) Zone couverte par la carte européenne d'assurance maladie : Europe, Norvège, Suisse et  Liechtenstein
www.ameli.fr
www.cleiss.fr
www.ffsa.fr


Présentation

  • : Le blog de Rachel Bauduin
  • Le blog de Rachel Bauduin
  • : Ce blog me permet de présenter à mes futurs recruteurs un panel des articles que je réalise. Il existe aussi pour vous faire partager les reportages que j'ai effectués et qui ont été publiés, pour la plupart, dans la Nouvelle République du Dimanche. Carte de presse : n° 91502
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